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logo radio clash  "Les murs renversés deviennent des ponts" -Angela Davis-

 L'émission Radio Clash, que vous pouvez écouter chaque mardi de 21h à  22h, sur Beaub FM ou en podcast sur ce site, donne la priorité à l'actualité  des luttes sociales en essayant de les analyser sans sectarisme et sans  se faire la voix d’un parti ou d’un syndicat. Elle porte également un regard  différent sur les cultures populaires et sur tout ce qui fait de la société ce  qu'elle est. Radio Clash travaille enfin à la mise en place de solidarités  concrètes, au niveau local, national, ou international, en proposant une  manière alternative de s'informer et de débattre. C'est dans ce cadre que  l'émission s'adresse à toutes celles et à tous ceux qui veulent réellement   -lutter contre le capitalisme.

 

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Par culture clash - Publié dans : Radio Clash
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Le podcast : 

Plein de nouveaux et de nouvelles pour cette émission qui préfigure 2012 on l'espère... Une heure d'infos et de solidarité militante comme on en entend pas souvent. Et vous savez quoi ? Ca fait du bien ! 

saida.jpgSaida Menebhi est née à Marrakech en Septembre 1952.

 

Après le baccalauréat, elle étudie l’anglais à l’université de Rabat où elle milite à la corporation de la faculté des lettes en 1972 et en 1973, quand la répression s’abat sur le mouvement étudiant : dissolution de l’Union Nationale des Etudiants du Maroc, arrestation des membres de son comité exécutif et de nombreux autres étudiants.

 

Pendant deux ans, elle suit une formation de premier cycle au centre pédagogique régional puis enseigne dans un collège de Rabt. Elle milite à l’Union Marocaine du Travail et adhère à l’organisation marxiste-léniniste Ilal Amam (« En avant »).


Le 16 janvier 1976, alors que les arrestations se multiplient, avec trois femmes : Rabea Ftouh, Pierra di Maggio et Fatima Oukacha, elle « disparaît » à Derb Moulav Cherif, le centre de torture de Casablanca, tristement célèbre. Le statut des femmes n’y est pas spécialement reconnu et elles subissent des tortures physiques autant que psychologiques. Fi n Mars, elle est présentée au juge d’instruction et incarcérée à la prison civile de Casablanca.

 

Avec 138 autres camarades marxiste-léninistes inculpés d’atteinte à la sûreté de l’Etat, elle est jugée au procès de Casablanca (Janvier-Février 1977). Elle affirme son soutien à l’autodétermination du peuple sahraoui.

 

Sous les applaudissements, elle dénonce particulièrement la situation d’oppression que vivent les femmes au Maroc. Elle est condamnée à cinq ans de détention, plus deux ans pour outrage à magistrat. Après ce verdict, Saida est isolée avec ses deux compagnes, Rabea et Fatima, à la prison civile centrale de Kenitra.

 

Avec tous ses camarades, elle avait observé une première grève de la faim en 1976 pour exiger que le procès ait lieu ; une autre durant le procès même en protestation contre les violations des droits élémentaires de la défense des inculpés. Le 10 novembre 1977, dans les prisons de Casablanca et de Kenitra, tous les condamnés du procès de Casablanca entament une grève de la faim qui durera 40 jours, ils réclament le statut de prisonnier politique, des conditions humaines de détention et la fin de l’isolement pour Abraham Serfaty, Rabea Fetouh, Saida Menebhi et Fatima Oukacha.

 

Le 11 décembre, elle meurt à l’hôpital Averroès de Casablanca, faute de soins appropriés. Elle avait 25 ans.

 

Source : Coup Pour Coup 31 (pour le lien : cliquer sur la photo)

 

SAIDA MENEBHI, poème du 13 novembre 1976 (Prison civile de Casablanca)

Nues ou habillées en haillons
L'ouvrière, la prostituée, la voleuse
sont là.
Le ciel est gris et le mur sont noirs
Leurs pieds baignent dans la boue
Leurs corps grelottent
Leurs yeux cherchent
Certainement qu'elles se demandent
Pourquoi toi et moi mon amour
Nous sommes loin l'un de l'autre
Elles ont froid
Pourquoi cette nature si dure
Ne peut elle avoir pitié et s'en aller
Ne plus revenir car elles n'ont rien à porter
O hiver insouciant
Vent sourd
Tu gerces leurs mains et leurs lèvres
Va t'en, ne reviens plus
Laisse nous le temps d'arracher
A ceux qui nous exploitent
Le droit à la vie

Marché aux puces
Marché aux esclaves où se trouvait Spartacus
Vésuve se préparant à cracher ses laves
Sur les terres arides

La lune était aux anges car elle te voyait
Son sourire large est une pente
Sur son visage rond
La voûte céleste bleutée lignait de l'oeil
Et plombait un éclair
Nous marchions
La tête haute, le regard perdu
Tu parlais d'un monde merveilleux
Qui viendrait car nous le voulons
Dans ce monde disait-tu
Les enfants ne connaîtront plus la misère
Les mamans n'abandonneront plus leurs bébés
Les femmes ne seraient plus battues
Méprisées, avilies
Nous marchions encore et toujours
Comme des fous et des damnés
Lorsque nous sommes arrivés
Déjà je rêvais.

SAIDA MENEBHI, poème du 13 novembre 1976 (Prison civile de Casablanca)

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